Parce que lui, tu pouvais l'écouter parler pendant des heures sans te lasser...
Tu pouvais pas non plus t'empêcher d'être envahi de joie quand tu le croisais...
J'adorais aussi le klaxonner quand il fumait sa cigarette dehors...
Parce qu'il avait pas besoin de s'énerver, c'était pas fait pour lui...
Car son intelligence et sa culture du monde nous faisait peur desfois...
Quand tu disais Saint-Gatien, c'est à lui que tu pensais...
Car M. Rigaudière va se sentir bien seul désormais...
Aussi parce que tu te dis "zut, je n'aurais plus jamais l'occasion de le croiser"...
On aurait tellement voulu profiter plus si on avait su Monsieur...
Car le seul truc qui me rend peut-être heureux, c'est de me dire que je l'ai eu lors de sa dernière année d'enseignement, et qu'avec lui j'avais noué un vrai lien, comme avec tous les élèves à qui il parlait...
Parce que je vais même aller jusqu'à dire que c'est grâce à lui que j'ai eu mon B.A.C...
Tu l'avais, et avec lui tu aimais aller en classe, tu savais que tu ressortirais moins con de toute manière...
Lui c'était tout ça, et bien plus encore, chacun de nous, vos élèves, vos ami(e)s, on se demande : mais pourquoi ? Pourquoi avez-vous voulu nous quitter Monsieur ? Nous ne saurons jamais, on vous aimait, et notre mémoire vous fera survivre dans le temps autant que l'on pourra, et vous avez intérêt à bien veiller sur nous de là où vous êtes maintenant...
Je finirais sur un texto de M. Rigaudière, son plus fidèle ami et professeur de français namoi de l'an dernier, qui m'a saisi là où il faut pas : "Les disparus ne sont pas des absents...Mais kecé douloureux 1tel "disparition"! Je suis défait,déglingué,mais fopakje pisse dé larmes,Iz m'envérè baladé...Ditoi ktora croisé danta vie un être RARE, un être HUMAIN..."
